La promenade commence sur un brouillon de neige, sale sur la route dévastée. Une bise froide et désolée qui me rappelle combien ces lèvres sont distantes comme des caresses sans cadence qui m’écartèlent aux quatre vents.
De crépuscule en aube, aux alizés, j’ai balisé d’asile en exil, mais ravisé, loin des Champs Élysées, âme pendue épandue au souffle épais tranchant du Pandémonium, où la folie remise ses idées avides. Blanches, creuses et perdues. Vice pétri, basique lie de ton roc émietté, méfait méphitique d’un basilic trop fier pour pétrifier. Aux hurlements déments de ton insanité de gueux répandu en suroît, tu trônes au cœur moqueur de tes désolations aux toiles luisantes d’une rose ensablée, tu écoutes les murmures des ouvrages d’un autre temps.
Notos d’un été d’usure d’intérêts d’usure où flambent nos futurs d’imparcimonie où par simonie j’entends racheter ma conscience des monologues en plantant un arbre pour chaque idée stupide que je soulève et chaque impiété que j’invoque. Dans les tumultes du vent, une chimère. L’avenir, c’est la laisser venir, et venir c’est la laisser aller. De ses yeux qui brillent, elle me contemple, elle me surprend, me tend les bras. Mais ses gestes dès demain lèvent la poussière, et mes projections d’ombre sont déjà défaits.
Du Sud à l’Est, le péril des peurs instrumentées. Automne, ô monotone, où les pensées vacillent. D’Éros à Euros, il n’y a qu’un pas pourtant, mais pis que ses épines, ces peurs nous tailladent. Il n’y a pas d’idéaux de haine et de rejet, que la peur reptilienne de se faire effacer. Le bal des propageant de la bêtise qui connectent la moelle et l’amygdale pour des futurs toujours plus fascisants. Plus d’uniformes et moins de pensée, fi de la créativité. Restez endormi. L’automne est la saison où les attentes se meurent, où aucun reflet ne perce mon miroir.
Glacé. Tout est mort et désolé. Or, ici, tu n’es plus là. Borée est passé par là. Où ont fui les princesses d’antan alors que mon cœur se figeait, quand le sang se givrait dans mes veines… Les névés, la neige, je me souviens. La danse dans les flocons, alors la vie. Mais les flots cons m’ont entraîné au loin, vers ces rivages d’ire et d’air qui m’étouffent depuis des millions d’années. Là où tout s’achève. Il y a ta figure froide que j’avise à jamais, tes yeux de magie qui juchent ma dépouille blanche et tes adjurations qui repousse Séléné.
Mais de rien, douce, l’aimée repousse. D’un printemps qui s’ajourne aux années, Zéphyr se répand. Bouleversé, il souffle sur tes mains quand tu crois les laver. Il n’y a plus de sens au sacré. Mais dans le chiourme du péril de nos vies, quand tout nous accable à nous en faire crever, surgit ce regard clair qui sait me transpercer. Peut-être me comprendre, pour toi le feu renaît. Roussissent nos angoisses et brûlent nos passions, l’ataraxie endurera que j’en sois blasé. L’espoir est le fioul qui nous fait carburer, mais dans nos espaces clos il nous fait suffoquer.
Demain, ton corps, encore, assez, je n’ai plus de force dans les reins.
20 novembre 2025
