Paul Gevart

Recueil de textes et de pensées

Note : c’est le second texte que je lisais devant un public, il est écrit en plein emménagement pour respecter un engagement. Très brut de ce fait, je ne savais pas du tout vers quoi je m’engageais. Le texte est sans fil conducteur et ne s’est construit vraiment qu’au fur et à mesure de son écriture. Cela en fait un objet un peu étrange, mais pas forcément dénué d’intérêt.

J’ai écrit ceci tout à l’heure, pressé par le temps. Il était 17h40. Écrire pourtant n’est jamais une urgence. Juste une pulsion, une envie. Écrire c’est un peu comme la vie.

J’avais des choses importantes à dire. Importantes ou impotentes — écrire c’est une errance. Une suffocation où les mots qui se nouent en nous rougissent nos verbes de nos écrasants silences. Sans moquerie et sans éclat. Des choses importantes. Des chaudes importunes. Putain. Écrire est une pulsion. Dans tes veines, ça tape. Des mots, tu jouis quand ils se jouent de toi.

Les mots sont importants, les mots disent tout parce que tu n’es rien. Les mots sont ce qu’il te reste quand l’univers se réduit à ta pensée. Une significative insignifiance où la plus infime de tes parties te compresse à l’infirme comme une fesse se comprime. Séant, néant, béance.

17h55. Bon, j’ai peut-être un noyau. Comme écrire quelque part, c’est trahir ses pulsions, c’est trahir sa pensée, peut-être que le rôle social de l’écrivain est de s’auto-cucofier. Enfin pour le moment. Pour le futur, je devrais demander à chat-GPT ce qu’il en pense. Ou à Elon Musk ou Mark Fuckzenerds mais ça revient un peu au même. L’écriture est-elle en fin de vie ? L’écriture a-t-elle le droit de mourir dans la dignité ? Cette question ne me concerne pas. Elle est pour les autrices, les écrivains, les grandes et les grands qui distinguent lettres du paraître. Ça ne concerne pas les scriptomanciens, les prestidigitateurs des mots et peut-être les démagogues. Les uns sont géniaux, les seconds gênants, tous sont ingénus évidemment.

Mais revenons à la magie, pardon à l’écrit. La première idée que j’ai eu en prenant le stylo tout à l’heure — Putain l’emphase, mec : grandiloquence ! — La première inspiration que j’ai eu en prenant la plume tantôt était des plus médiocre. De la vraie poésie.

Les paroles se chantent,
les paroles s’aimantent,
les paroles sécantent,
les paroles se vantent,
les paroles s’éventent,
les paroles sermentent,
les paroles se sentent,
les paroles segmentent.
Point à la ligne. Blague de matheux.

Vous l’avez échappé belle. Mais promis la prochaine fois, je viendrai avec un texte que j’aurai travaillé, où les muses s’amusent et le bal des mots s’amochit. Ça se peut que ce soit mauvais. Comme d’hab, quoi. Il est 18h15.

Merci !

16 janvier 2025

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