Paul Gevart

Recueil de textes et de pensées

Bon, c’est un texte que j’ai écrit en début d’aprem, restez magnanimes.

L’heure tourne sans ristourne et l’émotion se détourne, si Érato est ratée, les rototos de ma prose perdront leur parfum de rose. Et nu comme un ver, je serai sans rien à lire tel un Orphée sans lyre pleurant sa ridicule Eurydice. Mais pourquoi nommer les muses ? L’inspiration est une gaupe (pas glop) qui ne prend pas la carte ni n’écarte les pattes. C’est glauque, c’est laid, féroce, pas cérébral, dégrosse.

Pourquoi ne pas prendre un texte plus ancien, ficelé, mieux préparé, moins barré, mieux narré ? Mieux écrit… Pas de moi donc ?

Pour la pulsion du jour, pour l’instant hésitant, pour un soir qui demain effacé et passé au tamis de ta mémoire, embarrassera tes amis embrasés au débarras de tes filtres et de tes fils dénudés. L’attention monte, tout est plus intense et j’en perds mes mots, homme sans résistance. C’est très physique jusque là, mais pas très charnel.

Pourtant la flèche du temps latent m’attend coûtant, et tentant Satan s’étend, flattant les palans montant les palais épatés des pâtés étalés, pédants, ratant l’étalon du talent, qu’un tant chantant mentant fend tant et fêtant les sextants du désastre, saturant d’allitérations alittéraire pour litrés lettrés alités aux traits ébahis… Ou plus probablement outrés aux yeux de flétans dans le brouhaha imaginaire d’un silence compulsé où pulsent les mélodies des mots laids dits d’immolés aux gros mollets. La poésie, c’est comme la bière, y a toujours un vers de trop.

Tout est dit en prime, nous opprimés aux proses sans prix, les rimes se délitent au prisme des élites. Jamais assez, toujours mieux, toujours la surenchère. Tu t’escrimes à scripter des sons qui clipsent sans crisper et t’expriment. Tu tisses sur un autre tamis des nuées d’idées débridées qu’éclipsent les élytres d’ex-vers à soie qu’assoient les vers. (Phalène que ça tombe sur vous) De vous à moi, des litres de verres, encore, toujours, c’est censé avoir un sens plus tard, juste avant la migraine du matin. Là dans ma tête, j’ai pas compris, mais je crois que c’est beau c’que j’ai dit.

Je m’amuse. Mais les muses dans tout ça… Les prêteurs retors s’apprêtent pour le bal. Je vous demande un cran d’arrêt. J’ai abusé du tant, alors gardez vos faits acérés sur vos chaises — ainsi que vos fesses affairées. Je ne suis pas rhéteur, ni prêt pourtant à cesser de répandre mes assertions acerbes pour quelques slaves lascives esclaves de leurs pulsions. Aux Balkans tout fout le camp, mais à la fin du bal ne s’emballent les cons isolés à consoler sans rien consolider. Mais quand je m’égare et que mes nuits s’étalent, la féminité sans gage de mes mots s’enragent, équinoxe équivoque, les ténèbres progressent et les rudesses d’été retombent exsangue quand l’érudition s’opprime d’un passé à réaction. Le futur. Hum. Le futur… Demain toujours le K.O. L’entropie ne mène qu’à la misanthropie. Et le trop me reprend par des pis.

Alors je prie mes déesses hivernales immortelles, je tisse seul au solstice grinçant la toile étoilée des mes fantasmes mourants, je griffe de belles ibères bernées, démises des zibelines inhibant ces uberfraüen meta-divines pour un souffle de vice. Hétaïres. Mais il n’est temps de s’astiquer aux rives du Styx au risque de s’y noyer. Derrière nous, lavis que nous primes de passage, étendue huilée grasse, brûlant corps rêvé qui m’assagit, gît et j’hésite, ires héritées, violences des désirs érodés. Tu es… Passé Léthé, même l’érotisme s’endort.

Drôle de texte jusque là. Enfin drôle, façon de parler. Quelle est sa fin ?

Le message…

Un jour, une femme que je ne connaissais ni d’Ève, ni dedans, mais qui m’appelait Boucle-d’or, ce qui aurait pu être flatteur si ça ne soulignait pas, à son sens, mes yeux bleus et bons, mes cheveux blonds et beuh, concept un peu fumant, à mon avis, et qui voulait magnifier par là mon aspect de bon à rien, je crois. Bref…

Quand elle se fît cas que mon étrangeté était immanente à ma nature, m’interrogea sur ce que ça faisait d’être différent. C’est une vraie question en fait, parce que le seul référentiel qu’on a est le nôtre et la compréhension de notre divergence ne peut être que contingente à l’appréhension de notre inadaptation à un imaginaire commun présupposé perçu à travers les biais de nos cognitions limitées. En toute simplicité évidemment. Un message irréfragable n’a pas besoin d’être obscur pour être tu, l’implicite se défie toujours de l’évidence. Ma psy, elle me dit qu’il y a peu de doute, que tout va dans cette direction, mais que je suis un peu au delà des références, un cas à part en quelque sorte. Et pourtant j’ai toujours du mal à lâcher le mot. Autisme. Et pourtant j’ai toujours l’impression d’être parfaitement audible dans ce charabia perçu par vous.

Alors, à quoi bon mieux comprendre le monde si on le saisit moins ? Tout est simple pourtant. Pourquoi assembler les mots sinon pour leur mélodie, sinon pour le vertige des idées qu’ils soulèvent, et fuir l’abrupt du réel sans jamais avoir la prétention d’être le messager de son autolyse déicide ? Tout n’est que chanson qui nous secoue. Tout ce qui importe est l’effet de nos fantasmagories, et plus encore le fantasme des fées sans effet. Comme celle qui prétend près de l’étang vous rassasier. Mais dans l’heureux flot de ses yeux de nymphe, pour peu que vous cessiez de psalmodier au rythme de ses lèvres, vous ne percevrez que le reflet de votre visage déjà éteint. Tout n’est que leurre et tout chez vous leur appartient.

La poésie, c’est comme la bière. Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait le flacon.

19 septembre 2025

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